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« MADE IN REPUBLIC OF JURA » la marque économique — State of the Art — de la République du Jura.

Nous sommes dans le 3e millénaire sur fond d’incertitude géopolitique et de conjoncture économique morose. Cela nous fait bien sentir le défi majeur qui se présente à notre Jura et à son économie […]

(L’article qui suit est orienté jura français , merci de me proposer des compléments pour Suisse et autres départements…)

Il a fallu défricher cette terre au relief et au climat contrasté. L’activité originelle, c’est l’agriculture, l’élevage.

Le squelette industriel Jurassien repose sur la mise en valeur, dès la plus haute antiquité, des éléments présents :

•le sel, réelle spécificité a donné naissance à la plus ancienne industrie longtemps très enrichissante,

•le bois, matière première d’œuvre ou d’énergie,

•le minerai de fer,

•l’eau, force motrice.

Cependant, la simple présence de ces facteurs a été insuffisante pour donner chair au développement économique originel du Jura.

Recourrons donc à d’autres éléments pour éclairer cette réflexion : le droit, l’histoire.

Tout d’abord, le système juridique issu du monde Burgonde, en particulier la mainmorte qui fixe la population, la faible taille des cheptels, ont incité à la communautarisation du travail et de la production. Il faut trouver ici le ferment du système coopératif ouvrier, dynamique jusqu’à la première guerre mondiale et bien sûr du coopératif agricole toujours très dynamique. Il faut y trouver également une explication à la circulation où reproduction des savoir-faire.

En corollaire, un facteur est également à prendre en considération, la capacité à assimiler les apports humains exogènes issus des courants migratoires venus de Suisse, Savoie, Italie, Portugal, Maghreb, Moyen-Orient… Ils se sont accomplis défricheurs, lapidaires, horlogers, artisans, potiers, sidérurgistes, commerciaux, techniciens, ouvriers… Tous Jurassiens.

Le développement industriel Jurassien, rural, est un lent glissement de l’agriculture vers l’artisanat en passant par le stade intermédiaire de la double activité.

Si le ferment est présent, l’artisanat s’accomplit en industrie originale.

À de très rares exceptions au 19e siècle pour les capitaux de la sidérurgie, l’indépendance financière a longtemps été une règle. L’inventivité, l’adaptabilité sont omniprésentes. En effet les ouvriers conservent une forte part d’initiative dans le site de production. La structure familiale, le communautarisme des embauches expliquent ce rapport de confiance et cette implication.

Voilà l’épopée industrielle Jurassienne ! Le bouillon primitif est là, digéré, transformé, affiné !

Ne vous étonnez donc pas que le sel évoqué ci-dessus, plus ancienne industrie, soit transmuté en chimie de la soude et du chlore. Le foisonnement des activités est étonnant : bois, jouet, construction… métallurgie, lunetterie, horlogerie, matériel médical, micromécanique, injection céramique, plastique, joaillerie, agroalimentaire…

Le défi de la fin du siècle écoulé a été l’automatisation et l’informatisation qui ont fondamentalement changé le rapport au travail. Il faut évoquer Jean-Jacques Rousseau affirmant le « génie » Jurassien, et préciser ce qu’il recouvre bien au-delà de la rhétorique cauteleuse de tribune. Il s’agit d’un fonds commun quasi culturel, un « état d’esprit technique » non pas simplement face à la technologie ou face au geste technique, mais plutôt par rapport à l’amour du métier, l’amour du travail bien fait, et au-delà, la pleine conscience de participer au développement local d’un territoire de caractère. Il faut accrocher, convaincre et intéresser à notre territoire. Une « terre » de tradition fleurie d’usines à la campagne, une montagne de compétence…

Le créateur du projet « la République du Jura » est un récidiviste car il a déjà créé la marque ombrelle « Made In Jura ». Cela vous invite à considérer que les entreprises, cœur du Jura, adhérentes au projet de la République du Jura ont tout simplement bien compris la puissance d’une marque dans notre monde. Une marque ancrée dans un territoire, dotée d’un solide socle culturel et de valeurs humaines inimitables, voilà un terreau pour faire pousser et valoir une économie à forte plus-value.

Joël SIMON